Discours de mme ana gutu au colloque la francopolyphonie multilinguisme, Contrastivité et Communication Interculturelle Colloque international



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DISCOURS DE MME ANA GUTU AU COLLOQUE LA FRANCOPOLYPHONIE Multilinguisme, Contrastivité et Communication Interculturelle

Colloque international

Chișinău, ULIM, 25 mars 2016
Distingués collègues francophones, chers invités, professeurs, étudiants,
J’ai l’honneur de vous saluer au nom du Sénat et du recteur de l’Université Libre Internationale de Moldavie à la onzième édition du colloque international La Francopolyphonie, qui, cette année se déroule sous le signe du multilinguisme et du dialogue interculturel.
Avant de passer à mon discours inaugural je vous prie de garder une minute de silence en mémoire de ceux et celles qui ont perdu leurs vies dans les attentats terroristes du 22 mars à Bruxelles.
Je vous remercie.
Chers participants au colloque La Francopolyphonie,
Les journées de la Francophonie en République de Moldavie sont une belle occasion de célébrer la langue française que nous avons tous en partage, le français étant une langue porteuse de culture et de valeurs qui nous sont très chères: liberté, égalité, fraternité, solidarité, diversité, universalité. Ce sont les mots qui ont été lancés par Michèle Jean, la Secrétaire Générale de l’OIF dans son discours traditionnel à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie – le 20 mars.
Le pouvoir des mots – le pouvoir de la langue – le pouvoir des valeurs véhiculées par les langues – la coexistence pacifique des langues dans les sociétés modernes – voilà les sujets qui nous préoccupe aujourd’hui – non seulement nous - ceux et celles qui sont venus pour notre colloque – mais également tous les membres des sociétés modernes.
Utilisée par environ 275 mln locuteurs - le français, langue maternelle, mais aussi langue d’adoption pour beaucoup d’entre nous, ne cesse pas de fasciner les esprits, car la langue française nous aide à naviguer à travers l’histoire, à connaitre des traditions et des cultures différentes. Nous découvrons en effet que le français est pluriel, il nous apparait sous ses diverses facettes – la langue française pittoresque et savoureuse : du Québec à Hanoi, en passant par l’Algérie et le Maroc, le Kongo et le Mali, la Pologne et la Roumanie, traversant notre petit pays, et, allant plus loin vers l’est.
Le resplendissent de la langue française est aussi dû à la latinité – le français est chez lui au Mexique et au Brésil, en Italie et en Espagne, et, dans l’espace roumain – la Roumanie et la République de Moldavie, car la nation roumaine est divisée, hélas, encore, suite aux inadvertances de l’histoire. (Comme je suis aussi politicienne, je ne manquerai pas l’occasion de dire que la nation roumaine se réunira un jour, et nous vivrons enfin dans un pays grand, riche, unitaire – la seule chose qui est à refaire après la seconde guerre mondiale).
La terre des hommes se mondialisent, les hommes voyagent, les frontières n’y sont plus un empêchement. Légalement ou illégalement – la population de tous les pays, sans exception, est jetée dans un bain multilingue, le métissage de la peau à l’intérieur d’une même famille vient avec le mélange linguistique, donnant naissance à des drôles de phénomènes tels que plusieurs langues maternelles par nativité chez une seule personne, ou, une multitude de langues maternelles parlées à l’intérieur d’une société unitaire de point de vue national.
Plusieurs questions surgissent avec le foisonnement linguistique : comment assurer des politiques linguistiques correctes à l’intérieur des sociétés multilingues? Comment éviter le déclanchement des conflits linguistiques capables de mener à des guerres civiles et à la création des zones séparatistes ? ( Tel est l’exemple de la Moldavie avec ses territoires sécessionnistes d’au-delà de Nistru). Comment obtenir l’intégration des minorités ethniques dans les sociétés unitaire nationales, tout en préservant les langues régionales ou celles qui sont menacées par la disparition ? Comment faire en sorte que la langue devienne l’instrument de communication interculturelle et inter-religieuse efficace, sans porter atteinte à la dignité humaine et sociétale ?
Dans le contexte des phénomènes migratoires sans précédents qui ont lieu en Europe, nous sommes en train d’observer une sorte de mise en cause des valeurs les plus solides et précieuses : la paix, la liberté d’expression, la liberté de mouvement, la sécurité personnelle. L’humanité a longtemps œuvré par les contributions des philosophes, des intellectuels, des universités et des universitaires à l’instauration de la paix universelle. Pax universalis - la paix universelle reste encore un désidérata convoité. Nous sommes toujours et de nouveau à la quête de la paix. Au début du XXI-e siècle le terrorisme s’annonce en ennemi imprévisible, lâche et suffisamment puissant pour instaurer le chaos. Face à ce chaos, issu du fondamentalisme religieux, notamment celui islamiste, les pays à longue tradition démocratique resserrent leurs ressources afin de faire face à ce fléau.
Que pouvons-nous faire, nous – chercheurs, universitaires laborieux, linguistes et littéraires francophones – appliqués à la lumière des pensées sages – pour arrêter l’avancée de la force destructive du néo-terrorisme ?
Le français et la francophonie, en vertu de la richesse géographique et civilisatrice, peuvent-ils nous fournir des exemples et des solutions viables dans ce sens? Oui, certainement, le pouvoir des mots, des mots écrits, des discours est incontestable. L’insurrection spirituelle contre l’obscurantisme doit prendre l’allure des débats, des écrits, des plaidoiries – en douce langue française.
Plus que jamais le français aujourd’hui est appelé aux armes, mais ses armes sont celles de la paix, du rassemblement, de la solidarité et de la démocratie.
Chers collègues,
Je voudrais remercier tout d’abord l’équipe de l’Institut de recherches philologiques et interculturelles de l’ULIM pour les diligences liées à l’organisation de notre colloque, remercier l’AUF et l’Ambassade de France, ainsi que l’Alliance Française de Moldavie pour le partenariat durable qui existe entre nos établissements. Je remercie également les invités d’honneur du colloque La Francopolyphonie édition 2016 : Mme Anne-Marie Haudebine, professeur émérite à l’Université Paris-descartes-Sorbonne, France, Oana Boc, chargé de cours, dr. Université « Babes Bolyai », Cluj, Roumanie, Roumiana Stantcheva, professeur des universités, dr.,Bulgarie, Eugenia Bojoga, chargée de cours, Université « Babes Bolyai », Cluj, Roumanie, fill d’Eugène Coseriu, notre compatriote – le plus grand linguiste du XX-e siècle selon les propos de François Rastier, originaire de Mihaileni, Balti.
Je vous souhaite un bon déroulement des travaux du colloque La Francopolyphonie : Multilinguisme, Contrastivité et Communication Interculturelle. Que de belles idées illuminent tous les participants à notre colloque, que de relations fructueuses naissent suite aux contacts académiques!


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